Lomé, 23 juillet 2026. C’est par ces mots de Rosa Parks que le ministre de l’Éducation nationale, Mama OMOROU, a ouvert la cérémonie. Devant lui, un parterre de ministres, de parlementaires, de partenaires techniques et financiers et de représentants de la société civile. L’occasion était en effet solennelle : le lancement de la révision du Plan Sectoriel de l’Éducation (PSE), document qui oriente les politiques et les investissements du secteur. Ainsi, cette phrase a donné le ton d’une journée conçue comme le point de départ d’une réflexion nationale sur l’avenir de l’école togolaise.

Des acquis, mais aussi des failles à combler
Après trois ans de mise en œuvre du plan 2020-2030, freinée puis relancée après la pandémie, le ministre n’a rien caché des zones d’ombre. Le préscolaire avance doucement (45,20 % en 2024). Le primaire tient le cap, avec un achèvement de 94,64 %. Le secondaire peine encore à effacer les inégalités entre filles et garçons. À l’inverse, la formation professionnelle est la vraie bonne nouvelle : ses effectifs sont passés de 30 % à 46 % en quatre ans, tirés par la filière industrielle. Seule l’alphabétisation reste à la traîne, faute de moyens, alors que les femmes y représentent 85 % des effectifs.
Scolariser ne suffit plus, il faut apprendre
Prenant la parole au nom des partenaires, la Représentante de l’UNICEF, Dr Erinna Corinne DIA, a rappelé que le monde a changé de visage, entre le recul de l’aide internationale, l’urgence climatique, la crise du Sahel et le numérique omniprésent. L’école togolaise doit donc changer avec lui. Son message tient en une idée simple : inscrire un enfant à l’école ne garantit plus qu’il y apprenne vraiment. Elle a donc appelé à miser sur la petite enfance, la qualité des apprentissages, la reconnaissance des enseignants et une gouvernance guidée par les données.

Un chantier collectif pour dix ans
Le Secrétaire Technique Permanent du PSE a insisté sur la continuité de la démarche togolaise, arrimée à la feuille de route gouvernementale 2026-2031 et à l’ODD 4. Épaulé par le Pôle IIPE/UNESCO de Dakar et financé par le Partenariat Mondial pour l’Éducation, le processus mobilisera les forces vives du secteur.
« Le nouveau Plan Sectoriel de l’éducation devra traduire notre ambition collective de faire de l’école togolaise un véritable levier de développement humain et social », a conclu le ministre Mama OMOROU, donnant rendez-vous, dès à présent, à toute une nation autour de son école.