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le PND ; quel rôle doit jouer l’ETFP ?

Publié le : 02 sep 2020
stratégie

Le système de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle ETFP a un rôle prépondérant à jouer dans le développement économique et social du Togo. En témoigne la part de responsabilité que lui accordent  le nouveau cadre de référence des actions stratégiques au niveau de l’Etat, le Plan National de Développement PND (2018-2022) et le Plan Sectoriel de l’Education PSE  révisé (2020-2030).

En effet le premier plan vise à transformer structurellement l’économie, pour une croissance forte, durable résiliente, inclusive, créatrice d’emplois décents et induisant l’amélioration du bien-être social. Pour ce faire trois axes sont retenus pour atteindre cet objectif global notamment :

  • mettre en place un hub logistique d’excellence et un centre d’affaire de premier ordre dans la sous région,
  • développer des pôles de transformation agricole, manufacturiers et d’industries extractives,
  • consolider le développement social et renforcer les mécanismes d’inclusion.

Des trois axes définis pour atteindre cet objectif global, deux mettent l’accent sur le besoin de favoriser le développement des compétences techniques en lien avec les besoins du marché de l’emploi. Ainsi le système d’ETFP dans son ensemble est ciblé comme le levier stratégique pouvant permettre d’atteindre ces effets attendus de ce plan.

Le deuxième quant à lui projette  une amélioration de l’accès, de l’équité et de la qualité de l’éducation du Togo. Spécifiquement pour l’ETFP le PSE 2020-2030 avait plusieurs préoccupations. Entre autres:

  • augmenter les effectifs de l’EFTP de 42 212 en 2018 à 64 243 en 2030,
  • augmenter les capacités du secteur public de manière à accueillir 60% des effectifs de l’ETFP à l’horizon 2030,
  • augmenter la part des formations industrielles en alternances de 22.4% à 40% en 2030,
  • diminuer de moitié la part des formations tertiaires du public, de 77.6% à 60% en 2030,
  • orienter davantage les apprenants vers la formation professionnelle de type agricole qui accueilleraient désormais10% des effectifs de la formation professionnelle publique à l’horizon 2030 contre seulement 2.6% en 2018.

Vu ces enjeux, l’autorité en charge de l’ETFP prend des dispositions pour être à la hauteur de la tâche assignée a son département. C’est dans cette logique que la revue des politiques de l’ETFP au Togo a révélé qu’il existe une volonté de modernisation du  secteur. C’est ainsi que des mesures suivantes ont été prises:

  • l’introduction progressive de l’outil informatique et de la technologique numérique comme voie de modernisation du dispositif de l’ETFP,
  • la mise en place d’une structure appropriée de formation, implantée au chef-lieu de chaque région et répondant aux normes requises pour une formation adéquate, ouverte aux jeunes, quel que soit leur niveau d’instruction. Cette structure proposerait quatre types de formation :
  • la formation par alternance selon l’APC,
  • la formation continue, y compris le perfectionnement et recyclage des artisans en lien avec les nouvelles technologies et les nouveaux profils de métiers
  • la formation de type dual pour compléter la formation des apprentis liés par contrat aux maître-artisans ;
  • la formation professionnelle d’appui à l’insertion et à l’auto-emploi.

Malgré ces efforts capitalisés par le système de l’ETFP beaucoup de défis restent à relever ; Il s’agit de:

  • des capacités d’accueil insuffisantes et des structures de formations inégalement réparties dans les régions,
  • un personnel enseignant peu formé et un encadrement sans moyens,
  • des équipements techniques et pédagogiques obsolètes,
  • une faible qualité et pertinence de l’ETFP influant négativement sur l’attractivité de l’ETFP,
  • une difficile mise en œuvre effective de la formation  par alternance,
  • un système de certification à rénover pour favoriser le développement des compétences techniques et professionnelles tout au long de la vie,
  • une gouvernance centralisée et pas assez inclusive de toutes les parties prenantes.

C’est à ces défis que la stratégie nationale de l’ETFP, avec des objectifs stratégiques pour des résultats attendus va s’atteler. Au total 7 objectifs stratégiques sont prévues. Il s’agira pour l’ETFP de :

  • instaurer une gouvernance efficace et partenariale du système,
  • améliorer l’accès, l’équité et l’égalité entre les genres du système,
  • valoriser la voie de l’ETFP et développer un système de certification tout long de la vie,
  • orienter l’ETFP vers l’employabilité des jeunes et des adultes,
  • accroitre les capacités et la qualité de la formation professionnelle par apprentissage alterné,
  • instaurer un mécanisme de financement régulier, diversifié et soutenable,
  • identifier et anticiper la demande en compétences et promouvoir la recherche et l’innovation.

Pour atteindre ces objectifs stratégiques le système doit s’appuyer sur un certain nombre d’atouts et d’opportunités qu’il possède. Ainsi il peut compter sur :

  • la volonté et le leadership politique,
  • des programmes pilotes réussis qui attendent une mise à l’échelle tels que la formation duale, des dispositifs d’intégration de l’alphabétisation et de la formation professionnelle, des centres sectoriels gérés en partenariat avec le secteur privé,
  • un effort de rénovation pédagogique avec l’adoption de l’Approche par compétence APC,
  • un réseau d’établissements publics dense et diversifié,
  • une offre de formation privée importante,
  • une source de financement permanente,
  • des associations professionnelles mobilisées,
  • un appui des partenaires techniques et financiers.

Nous espérons que le système va relever tous ces défis au grand bonheur de la jeunesse togolaise en particulier et de la population tout entière en général.

 

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